samedi 28 novembre 2009

Madame Sobong


samedi 14 novembre 2009

Police Militaire




L'île Bienheureuse dispose de sa propre police militaire, reconnaissable à son accoutrement constitué d'une chemise hawaïenne (le motif imprimé faisant office de grade) et d'un diadème clignotant à pile unique, actionné lors des courses-poursuites.

Son déploiement permet de canaliser l'afflux massif de militaires en permission transitant sur l'île, et les dérives disciplinaires qui en découlent ; en outre, elle joue un rôle de régulateur de foule lors des vagues d'attentats qui frappent son centre urbain.

mercredi 11 novembre 2009

Arcadin l'antiquaire



Alexander Arkadin est un homme d'affaires originaire d'Ukraine, maillon incontournable de la notabilité de l'île Bienheureuse. Membre éminent du Musée archéologique Trevor Baxter, collectionneur, galeriste et marchand international d'art océanien, il est également propriétaire de l'hôtel Odessa Nights, point névralgique de tous les services de renseignement étrangers.

samedi 7 novembre 2009

Le bon, le très bon docteur Cooper



Le Bon docteur Cooper est le maître d'œuvre de la mission scientifique du Département de la Défense, conduite sur l'île Kakoo 加工 ("façonnage" en japonais). Ses travaux menés en 1953 dans le cadre du projet MK-ULTRA, mais également en parasitologie, le conduisent à étudier une espèce de mouche endémique sur l'archipel : Glossina Indicum, dont la piqûre provoque chez l'homme, une altération du contrôle inhibiteur.

Apprécié de la population indigène pour les soins prodigués à son intention, le bon Docteur Cooper fait l'objet d'un culte local, matérialisé par des statuettes à son effigie.

vendredi 30 octobre 2009

Nouvelle bannière

Afin de rendre hommage à mon unité de réserve parachutiste que je quitte avec regret, voici une nouvelle bannière susceptible de rappeler à tous, la bonne humeur partagée lors de manœuvres interminables.
Spéciale dédicace à Thierry, Sony ainsi qu'à son camelback, les intéressés comprendront…
:D

jeudi 22 octobre 2009

Mon premier Nikon

Je dois mon premier appareil digne de ce nom à Denis Bernard, professeur de photographie à l'école Estienne, dont l'enseignement théorique et pratique me permis d'appréhender la discipline sous l'angle de l'incertitude. Un peu à l'image du Point de vue du Gras, héliographie sur étain réalisée en 1827 par Nicéphore Niépce, dont l'empreinte est condamnée à un effacement quasi certain(1), sa méthode pédagogique m'apprit à composer avec la fragilité de la photographie, tant au niveau de l'émulsion que de l'émotion, le plus incertain se trouvant certainement dans le contact humain, l'élément déterminant pour ouvrir le sanctuaire du modèle, sans lui donner l'impression de piétiner son espace sacré.

C'était en 1998, la fin de mes études devant logiquement déboucher sur le service national, je choisis le CSNa en rêvant d'Afrique, vœux qui fut exaucé puisque l'aléa des affectations me retint pour Lomé ou Brazzaville, ce fut finalement en République Populaire du Congo.
Il me fallait un appareil rustique susceptible de résister à un climat chaud et humide, un appareil connoté baroudeur dont la solidité n'était plus à démontrer.
Mon prof me conseilla donc les Nikon F3 Titane et Nikon FM2, en m'envoyant rue Beaumarchais à Paris, temple de l'occasion susceptible de répondre à mes attentes.

Voici le modèle que j'y trouvai et qui est toujours en ma possession :



Le Nikon FM2, produit par le constructeur japonais Kogaku K. de 1982 à 2001, est un boîtier pour film 35 mm, mono-objectif, entièrement manuel, à capacité semi automatique (priorité ouverture), équipé d'une cellule à prépondérance centrale (60/40). La plage de sensibilité du film court de 12 à 6400 ISO.
Composé d'un obturateur à doubles rideaux métalliques de plan focal à translation verticale, ces derniers sont en alliage d’aluminium avec articulations de lamelles auto-lubrifiantes. Il propose quatorze vitesses d'obturation, de 1/4000e à une seconde plus une pose B (Bulb ou pose longue)
(2).

La tension du posemètre se fait par légère pression du déclencheur (après désarmement du levier à 30°), et s'éteint après 30 secondes une fois celui-ci relâché. Le boîtier est également équipé d'une minuterie de déclenchement mécanique de 10 secondes, avec possibilité d'annulation. Son indicateur de viseur (à prisme en toit et à couverture de plage de 93%) permet la visualisation de la vitesse d'obturation et de l'ouverture du diaphragme.En outre, la mesure du niveau d'exposition fonctionnant à l'aide de deux piles au silicium SR44 ou LR44, où encore d'une seule pile CR-1/3, s'effectue grâce à trois LEDs rouges représentés par les symboles [+/-/o] permettant cinq combinaisons [+/+o/o/o-/-] et placés verticalement, à droite du viseur.

Le dos de l'appareil s'ouvre par action, en tirant le bouton de rembobinage vers le haut, une fois le verrouillage débraillé. La finition du boîtier est disponible en deux couleurs, chromée ou noire.Ses dimensions sont d'environ 142.5 mm de large, 90 mm de hauteur et 60 mm d'épaisseur pour approximativement 540 grammes.

Le design du FM2 semble reposer sur une équation relevant de la solidité et du dépouillement fonctionnel. Pourvu d'un revêtement granulé old school favorisant la prise en main, et de commandes minimalistes optimisées pour une utilisation instinctive, l'appareil photo privilégie la fonction au look ; disons que la particularité de cet aspect physique découle d'une conception opérationnelle : "Time has proven the FM2 to be very tough and reliable and it is regarded as one of the best built and rugged mechanical 35 mm cameras of all time"
(3).

Devant ce constat je pouvais sereinement envisager mon départ au Congo, équipé de ce boîtier de légende et de deux optiques de 35 mm et 200 mm.

Voici ma première photo réalisée avec :



Il s'agit de miliciens se dirigeant dans l'arrondissement de Bacongo pour y mener des massacres.
Cette photo n'est pas belle, mais pour moi elle est importante ; car elle figure toute la laideur de ce qui va suivre.

Dans ce décors apocalyptique, nous voyons deux miliciens dépassant des fenêtres d'un taxi réquisitionné. L'un, torse nu, est à l'arrière, un foulard noué autour de la tête. L'autre à l'avant, à califourchon sur la portière, est vêtu d'un treillis de combat, il scrute l'horizon ; nous devinons le canon de son AK 47 pointant vers le ciel.
Le véhicule est inséré dans une diagonale dessinée par les horizontales directrices du trottoir et de la chaussée. Cette dynamique nous mène au cœur du sujet, vers la zone de pogrom. Notre regard champ visuel étant limité par le bâtiment, nous devons nous résoudre à admettre que les miliciens seuls, ont la capacité d'action sur l'
au-delà. La contrainte du point de vue nous limitant aux pires expectatives.
Les repères verticaux (poteau électrique et mur en carrelage) sont inclinés, provoquant une désorientation visuelle contribuant à un sentiment d'angoisse. Distorsion d'autant plus embarrassante que le sujet se trouve au cœur de celle-ci, silhouettes obscures et anonymes préfigurant l'inavouable.

J'éprouve toujours un certain malaise devant cette image prise en décembre 1998 depuis le rond point de l'OUA. J'ai fait la toute première photo de l'événement annonciateur d'une tuerie qui allait durer plusieurs semaines, et qui ne sera jamais médiatisé malgré son ampleur. Par conséquent, mon premier contact avec l'Afrique sera indissociable de cette scène désolante.


(1)La photographie, exposée dans une vitrine blindée de l’Université du Texas à Austin, est conditionnée sous vide afin de ralentir sa dégradation inéluctable.
(2)Le modèle en ma possession est un FM2n ("N" figurant "New FM2" nom de commercialisation sur le marché nippon) qui succéda au FM2 en 1983, afin de proposer une vitesse synchro flash supérieure, précisément à 1/250s. Il dispose de treize vitesses d'obturation.
(3)http://en.wikipedia.org/wiki/Nikon_FM2

samedi 15 août 2009

Bonnes vacances à tous !